• Face au Soleil : "Le port au soleil couchant, opus 236, Saint Tropez", Paul Signac © Musée Marmottan Monet

Le 13 novembre 1872, Claude Monet peignait depuis la fenêtre de son hôtel au Havre, une vue du port par la brume. Exposée deux ans plus tard sous le titre Impression, soleil levant, l’œuvre inspire au critique Louis Leroy le terme d’Impressionnistes et donne son nom au groupe formé par Monet et ses amis. En 2022, le musée Marmottan Monet célèbre les 150 ans du fleuron de ses collections et lui rend hommage à travers l’exposition Face au Soleil, un astre dans les arts.

53 prêteurs, près d’une centaine d’œuvres retracent l’histoire de la représentation du soleil dans les arts depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Un rare ensemble de dessins, peintures, photographies et instruments de mesure provenant de l’Observatoire de Paris illustre les développements de l’astronomie à travers les siècles et sont mises en résonance avec l’évolution de la peinture de paysage et d’atmosphère.

Du soleil-dieu de l’Antiquité aux thèmes mythologiques devenus l’apanage des grands souverains au premier rang desquels le Roi Soleil, Louis XIV, le soleil est également objet de fascination pour les scientifiques. En démontrant que la terre tourne sur elle-même et autour du soleil (et non l’inverse), Copernic est à l’origine d’une véritable révolution qui n’est pas sans lien avec la vie des arts. La soif de représenter le monde tel qu’il est, trouve un écho dans l’émergence et les développements de la peinture de paysage. Le thème d’une nature au soleil, levant ou couchant, se développe. Les œuvres Pierre-Paul Rubens, Claude Gellée dit « Le Lorrain », William Turner, Caspar David Friedrich, Gustave Courbet, Eugène Boudin retracent cette évolution dont Impression, soleil levant de Claude Monet apparaît comme l’un des sommets.

Les années 1880-1914 marquent une nouvelle étape. À la science de l’observation qu’est l’astronomie s’ajoute celle de l’astrophysique qui permet d’étudier la nature physique des objets célestes. Ces développements scientifiques majeurs, largement retranscrits par la presse de l’époque, permettent de mieux connaître le soleil dont on découvre la composition chimique. Le soleil devient un sujet d’étude à part entière et un thème en soi pour les artistes. On ne peint plus seulement un paysage dominé au loin par l’astre, mais l’astre lui-même selon un cadrage serré. Chaque mouvance offrant une vision qui lui est propre : naturaliste et harmonieuse chez les nordiques Valdemar Schønheyder Møller, Laurits Tuxen, Anna Ancher ; symboliste chez Félix Vallotton ; poétique chez le fauve André Derain, l’orphiste Delaunay ou le futuriste Wladimir Baranov-Rossiné ; expressionniste voire tragique chez Albert Trachsel, Otto Dix et Edvard Munch…

Vers 1920, une nouvelle révolution – la théorie de la relativité générale d’Einstein qui établit que l’univers est en perpétuelle expansion – interrompt le face à face des artistes avec le soleil. Les poétiques constellations de Miró et les stabiles de Calder rendent compte de cette dilatation de l’espace. Dans cette immensité en perpétuelle croissance, le soleil n’est plus qu’une modeste étoile : toujours éblouissante chez Richard Warren Poussette-Dart, promise à disparaître chez Piene. L’Impression soleil levant, 2019 de Gérard Fromanger s’inscrit dans cette lignée et, renouvelant depuis l’espace le point de vue proposé par Monet il y 150 ans, clôture l’exposition Face au Soleil, un astre dans les arts.

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Infos pratiques
21 sept. 2022 - 29 janv. 2023
Musée Marmottan Monet

2 rue Louis Boilly75016 Paris

Tél. : +33 (0)1 44 96 50 33

marmottan.fr

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