Du 17 mars au 19 juillet 2026, à l’occasion des 150 ans du Bal du moulin de la Galette (1876), chef-d’œuvre de ses collections impressionnistes, le musée d’Orsay présente l’exposition Renoir et l’amour. La modernité heureuse (1865-1885).
Les tableaux colorés et joyeux d’Auguste Renoir, son iconographie des guinguettes et des bals publics, ont fait de lui un « peintre du bonheur ». Cette réputation a parfois conduit à le marginaliser parmi les grands peintres de la modernité, au motif que celle-ci ne saurait être que mélancolique ou ironique, désabusée ou désenchantée.
Je sais bien qu’il est difficile de faire admettre qu’une peinture puisse être de la très grande peinture en restant joyeuse.
Auguste Renoir
Son œuvre propose pourtant une réflexion originale sur la modernité, placée sous le signe de l’amour, entendu à la fois comme force régissant les relations humaines et comme sentiment guidant le regard de l’artiste sur ses modèles, sur le monde et sur la peinture elle-même.
L’exposition Renoir et l’amour réunit pour la première fois ce corpus majeur des « scènes de la vie moderne » – tableaux à plusieurs figures représentant des sujets contemporains (distincts des portraits et des paysages) – réalisés par Renoir au cours des vingt premières années de sa carrière (1865-1885). Parmi ces œuvres, le Bal du moulin de la Galette (1876) occupe une place centrale. Durant cette période, il participe à l’invention collective d’une « Nouvelle Peinture » (E. Duranty) aux côtés de Manet, Monet, Morisot, Degas ou Caillebotte. Il se distingue toutefois par son sens singulier de l’empathie et sa capacité d’émerveillement, ne choisissant que des sujets heureux et en mettant toujours en valeur ses modèles. Ce regard « amoureux » se manifeste par un goût prononcé pour les liens – dans ses motifs (conversations, repas, danse…) comme dans sa manière de peindre, attentive à tout ce qui peut contribuer à un sentiment d’unité (gestes des personnages, lumière enveloppante, équilibre des couleurs, touches fluides et esquissées qui fondent les objets les uns dans les autres).
Cette exposition met aussi en évidence la prédilection de Renoir pour la représentation du jeune couple en entendant déconstruire une idée reçue qui voudrait que sa peinture soit « sentimentale ». Au contraire, elle évite l’expression trop directe des émotions, la narration romanesque, tout autant que les mises en scène érotiques. Admirateur des peintres français du 18ème siècle (Watteau, Boucher, Fragonard), Renoir fait renaître une atmosphère de fêtes galantes et promeut une forme de liberté de mœurs et d’égalité entre les sexes dans le Paris de la fin du Second Empire et des débuts de la IIIème République. Ce choix doit être compris à la lumière de la biographie de l’artiste, qui mène alors une vie de bohème et entretient des relations jugées illégitimes, dans le contexte du 19ème siècle marqué par le mariage, les normes bourgeoises, la morale religieuse, la place importante de la prostitution et de fortes inégalités entre les sexes. Dans ce cadre, les grands formats de Renoir consacrés au couple heureux, à la « camaraderie » (selon le mot de son ami Rivière) et à la convivialité, apparaissent comme autant de manifestes contre la violence des rapports entre les sexes, les antagonismes de classe et la solitude croissante de la vie urbaine.
Coorganisée avec la National Gallery de Londres et le Museum of Fine Arts de Boston, l’exposition Renoir et l’amour offre un regard renouvelé sur des tableaux si célèbres qu’il est devenu difficile d’en percevoir aujourd’hui toute la nouveauté. Pour la première fois depuis 1985 – date de la dernière rétrospective Renoir organisée à Paris – une exposition rassemble un ensemble resserré mais significatif d’œuvres (environ 50 peintures) de la première partie de la carrière de l’artiste, parmi lesquelles ses plus grands chefs-d’œuvre : de La Grenouillère (1869, Stockholm, Nationalmuseum) aux Parapluies (1881-1885, Londres, The National Gallery), en passant par La Promenade (1870, Los Angeles, The J. Paul Getty Museum), Danse à Bouvigal (1883, Boston, Museum of Fine Arts) et Le Déjeuner des canotiers (1880-1881) très exceptionnellement prêté par la Phillips Collection de Washington.
Infos pratiques
17 mars - 19 juil. 2026
Musée d'Orsay
1 rue de la Légion d’Honneur75007 Paris Tél. : +33 (0)1 40 49 48 14
Infos pratiques
17 mars - 19 juil. 2026
Musée d'Orsay
1 rue de la Légion d’Honneur75007 Paris Tél. : +33 (0)1 40 49 48 14

















